Pékin affirme que ces changements sont nécessaires pour la sécurité nationale, mais ils pourraient compliquer les efforts des entreprises chinoises pour se développer à l'étranger…
Cette semaine, le Conseil d'État, l'organe exécutif chinois, a annoncé de nouvelles règles imposant un contrôle de sécurité nationale aux entreprises chinoises souhaitant investir à l'étranger. Cette mesure fait suite àune réglementation adoptéeen avril qui autorisait les autorités à intervenir lorsque des entreprises étrangères tentaient de délocaliser leurs chaînes d'approvisionnement hors de Chine…
Les nouvelles règles du Conseil d'État étendent cette initiative aux activités à l'étranger des entreprises chinoises et précisent comment Pékin pourrait riposter contre des entreprises et des particuliers étrangers en cas de restrictions imposées aux investissements chinois.
Ces règles confèrent également aux autorités de nouveaux pouvoirs pour contrôler les entreprises chinoises à la recherche d'opportunités à l'étranger, en les soumettant à des examens de sécurité nationale qui classent les investissements dans l'une des trois catégories suivantes : encouragés, restreints ou interdits.
Selon les juristes, cette mesure vise notamment à empêcher que l'argent, les talents et la propriété intellectuelle dans les domaines où la Chine dispose d'un avantage concurrentiel ne quittent le pays…
Ces règles établissent également le cadre juridique permettant aux autorités de régulation d'interdire à des entités étrangères d'investir ou d'exercer leurs activités en Chine, y compris de les expulser du pays, en représailles aux mesures prises par leurs gouvernements à l'encontre des investissements chinois.
Source : https://www.nytimes.com/2026/06/05/business/china-investment-rules.html
Contrairement à ce que laisse entendre cet article, il n’y a pas grand-chose de nouveau : ces règles ne font que renforcer celles qui existent déjà, tant pour les investissements entrants et sortants que pour les importations et les exportations, dès lors que la Chine estime que le sujet en question revêt un caractère stratégique. Les contrôles de sécurité nationale existent depuis que la Chine s’est ouverte aux IDE. Ils sont expressément mentionnés dans la loi de 2020 sur les investissements étrangers. De même, les importations et exportations de technologies sont soumises à autorisation en vertu du Règlement sur l'administration des importations et exportations de technologies, révisé pour la dernière fois en 2020. Ce qui est nouveau, c'est qu'une liste négative peut désormais s'appliquer dans l'autre sens, aux investissements chinois à l'étranger, et pas seulement aux investissements étrangers entrants. Cela dit, la Chine ne fait rien d’autre que ce que font les États-Unis (TikTok, NVIDIA) et l’Union européenne (Nexperia, ASML). Une autre nouveauté, qui intéresse les investisseurs étrangers en Chine, est que les autorités chinoises peuvent les empêcher de quitter le pays si elles estiment qu’un tel départ pourrait menacer la chaîne d’approvisionnement de la Chine. Seule la Suisse est assez naïve pour ne rien faire à ce sujet.