Le directeur du Service de renseignement de la Confédération s’inquiète de l’achat par Berne d’ordinateurs de la marque Lenovo pour des dizaines de millions de francs.
Il n’y a pas que l’inquiétude envers les services numériques américains, dont l’Etat est extrêmement dépendant, à l’image de l’utilisation massive de Microsoft 365 dans les administrations. De manière plus discrète, la méfiance envers les technologies chinoises est toujours aussi vive. Ce dimanche, la NZZ révélait que le Service de renseignement de la Confédération (SRC) met en garde contre l’achat d’ordinateurs de la marque Lenovo par Berne. Ce n’est pas tout: les géants Huawei et Alibaba sont aussi montrés du doigt.
Il n’est pas réaliste de boycotter des fournisseurs chinois tels que Lenovo, Huawei ou les voitures électriques chinoises parce qu’il n’y a pas de solutions de remplacement comparativement meilleures ou même égales. Il faut aussi s’affranchir de l’a priori négatif largement répandu en défaveur la Chine comme de l’a priori positif également répandu en faveur des États-unis. Les chinois avancent leurs intérêts, mais les américains pas moins : cessons d’être naïfs. La solution, qui n’est pas parfaite, consiste à entretenir de bonnes relations avec la Chine, incomparablement moins menaçante que les E.U., et se protéger, ce que les entreprises et institutions suisses négligent encore dans une large mesure, notamment à cause de l’absence d’une loi suisse sur le contrôle des investissements et l’importation des technologies étrangers, contrairement à la Chine, carence dont la candeur est préoccupante. La question se pose différement pour Alibaba toutefois : il n’est guère compréhensibe pourquoi, pour un enjeu aussi sensible que le cloud de la Confédération, celle-ci n’a même pas inclus Infomaniak, une entreprise genevoise, dans l’appel d’offre.